Appel à volontaires pour semer des zostères (cette année 2021 et les suivantes)

Mise à jour du 15 avril 2021 : suite à un désaccord avec l’association L’Étang Nouveau, le projet est désormais porté par l’association 8 vies pour la planète. Ça ne change pas fondamentalement le projet. Une nouvelle demande a été faite à la DDTM13 au nom de 8 vies pour la planète le 9 avril 2021

Article d’origine :

Sur la base de la méthode utilisée en Virginie (États-Unis) pour replanter les zostères marines (voir cet article précédent), j’ai écrit un projet et une demande de dérogation (type CERFA 11633-02) pour prélever des graines de zostères, qui sont partis à la DDTM13 le 1er mars. Le projet est soutenu par l’association L’Étang Nouveau avant, je l’espère, d’autres structures.
Des brouillons de ce projet avaient reçu de bons retours de chercheurs spécialisés et même du GIPREB. Ça ne suffira peut-être pas pour obtenir l’autorisation, mais les reproches qui avaient été faits au projet de 2018, basé sur la « méthode suédoise » ont été corrigés !

L’envoi à la DDTM13 est nécessaire car les zostères marines sont des plantes protégées, et une dérogation est nécessaire pour les manipuler réglementairement. Le processus d’autorisation passe notamment par un accord du CSRPN PACA.

Un projet d’ingénierie participativequi doit débuter et évoluer régulièrement

Le projet consiste à

  • récolter des graines (beaucoup !) de zostères marines dans l’herbier de l’anse de Carteau lors de la floraison, qui a lieu vers le 20 mai (à préciser le moment venu). Dans l’idéal il faut ramasser quand les graines commencent à tomber des épis, ce qui signifie que la récolte ne peut durer que quelques jours…
  • conserver ces graines en aquarium jusqu’aux semailles à prévoir en octobre (ce qui permet aussi de stocker pour semer de manière plus cohérente)
  • semer les graines en octobre (ce qui est censé limiter la prédation)

L’idée est de faire cela à grande échelle sur longue durée (20 ans serait bien !!).

Au stade où nous en sommes, l’an 1 du projet, il s’agit surtout de commencer. Nous cherchons donc des volontaires pour

  1. nous aider à organiser le problème du stockage (les aquariums/bacs) entre le temps de la récolte et celui des semailles. Pour ce point nous recherchons peu de monde, mais à compétence technique. On peut le faire nous-même en copiant des installation de stockage de poisson, ou sous-traiter cette partie à un conchyliculteur (et s’il est militant ce serait l’idéal).
    Si on le fait nous-mêmes, c’est qu’on aura aussi trouvé un endroit pour ça, proche de l’étang pour le renouvellement de l’eau. Sur ce point, les discussions avec les élus, et notamment M Khelfa, sera déterminant. Il a été informé du projet par L’Étang Nouveau, en y étant a priori favorable. Une vraie présentation du projet n’a toutefois pas encore eu lieu.
  2. nous aider à récolter des graines en mai prochain (2021). C’est là que la demande de volontaires est la plus grande. En théorie, si on veut pouvoir semer sur 1 parcelle de 0,4 ha, il faudrait en récolter 14 000 (!). À 1000 épis par personne et par jour (possible, selon le retour d’expérience des Américains) ça représente 14 jours de travail, c’est à dire 14 personnes pendant 1 journée ou 7 personnes sur 2 jours… ce doit être possible de trouver un tel nombre de pionniers !!
    Les années suivantes, il faudrait monter en puissance pour semer sur plusieurs parcelles…
  3. nous aider à resemer les graines en octobre prochain (2021). Ce serait fait depuis un petit bateau (à trouver) et ne nécessite a priori pas beaucoup de main d’œuvre.
  4. nous aider à suivre, année après année, l’évolution des zostères semées
(seule) Photo (exploitable) de notre démonstration de transplantation de zostères d’avril 2019 à Saint-Chamas (avec l’accord de M Khelfa!). Le bocal contient des épis de zostère marines. A l’époque la méthode que nous connaissions avec des graines (on avait surtout travaillé avec des rhizomes) consistait à les placer dans une poche de jute, y accrocher un fil de chanvre et d’ancrer le tout par petit fond… Ces essais ont été infructueux, l’endroit (assez loin dans l’anse de Saint-Chamas, recevant des accumulations d’ulves) sans doute peu favorable et les graines pas forcément mûres…

Pour le moment j’assure seul le pilotage du projet, mais à terme un Comité de Pilotage (le traditionnel « COPIL » français…) incluant des scientifiques », est évidemment souhaité (contacts en cours):

  • il n’y a, pour l’heure, aucun budget (!). L’idée de base c’est le bénévolat, un projet citoyen ! Mais si du matériel spécifique est nécessaire, des demandes de subvention seront effectuées avec de bonnes chances de les obtenir.
  • La première année sera déterminante pour mettre au point une première méthode adaptée à notre territoire. Chaque année ensuite on fera les demandes de prélèvement en étant de plus en plus précis…

Si ce projet vous intéresse, le plus simple est de nous contacter par mail.
Merci d’indiquer dans le message votre n° de téléphone (pour créer un groupe Whatsapp le moment venu) et votre ville (pour organiser les groupe de covoiturage le cas échéant)

Pour illustrer cet article, je rajoute une vidéo festive faite par des étudiants du VIMS (le Virginia institute for Marine Science), dont nous copions la méthode (contacts fréquents avec M Orth, rédacteur principal du rapport de l’article qui nous a convaincu).
La chanson et la vidéo ne portent pas sur le projet de transplantation, mais sur un projet de recherche sur des petits animaux broutant les zostères. Ce projet étant international, quelques images viennent du Japon, de Suède, etc. (mais pas de France).

Rajout du 13 mars 2021 : pour insister sur l’importance des zostères marines, je rajoute cette petite vidéo de l’AFB (l’Agence Française de la Biodiversité)

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Intéressé par cet acte de bénévolat, je me suis tout de même interrogé sur « l’intérêt » de ces ZOSTERES.
    Après lecture de quelques uns de vos articles, j’ai bien saisi l’historique, l’évolution de ces herbiers.
    Mais je ne trouve rien sur : « pourquoi en avons nous besoin, ou plutot pourquoi l’étang en a besoin ».
    Auriez-vous un peu de lecture à me conseiller ?
    En vous remerciant
    et bravo pour vos actions.

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    • Bonjour Jérémie
      On qualifie les zostères, comme les posidonies dans la Méditerranée, d’espèce « ingénieur d’écosystème ». C’est à dire que leur présence, quand elles sont en assez grand nombre, modifie l’écosystème dans le sens d’une stabilisation physico-chimique et un accroissement de la biodiversité.
      Elles colonisent les fonds meubles (sables et vases) ce que ne peuvent faire les algues, et ainsi accroissent la quantité de végétaux fixes capable d’oxygéner l’eau et de manger les nitrates et les phosphates qui seraient amenés à débarquer dans l’étang (par exemple après un épisode pluvieux. De ce fait un gros herbier limite les blooms planctoniques ou en tout cas leur violence, et donc limite les risques d’anoxie. De plus par leur colonisation des fonds meubles, elles fixent ce sédiment qui se remet moins en suspension lors des épisodes de mistral : la transparence de l’eau s’accroît, ce qui favorise d’autant les plantes du fond par rapport au plancton.
      Côté biologie, du fait de la raréfaction des épisodes d’hypoxie ou d’anoxie, beaucoup plus d’espèces animales pourront survivre, et de plus beaucoup d’entre elles ont besoin de se fixer ou de se cacher dans les herbes lorsqu’elles sont jeunes. Un herbier est censé accroître la biodiversité, ce qui, selon les théories actuelles, stabilise le système. On pense que plus un écosystème est diversifié, plus il est résilient.
      Tel est le but de l’opération de transplantation !

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